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Journée Mondiale de la Commedia dell’arte : Il Tag Teatro

Dernière mise à jour : 27 mars 2023

Le 25 février

En cette Journée Mondiale de la Commedia dell’Arte je vous présente une brève histoire de la compagnie qui offre un héritage précieux dans l’histoire de la Commedia dell’Arte dans les années 1980 : Il TAG TEATRO
L’histoire du Tag Teatro débute quand Alessandro Bressanello avec son groupe musical, Uragani, loue un appartement à Mestre, une localité de la commune de Venise, Via Giustizia, au numéro 19. Durant ces mêmes années, il travaille pour le célèbre groupe culturel, La Comune, pour lequel il propose de créer un espace théâtral, dans le même immeuble, dans la salle antérieurement occupée par l’organisation communiste, Avanguardia Operaia. Le nouveau théâtre, appelé Teatro alla Giustizia (T.A.G) d’après le nom de la rue, commence ses activités en 1975 avec la création d’une nouvelle compagnie : Tag Il Cerchio in Piazza. En 1977, le Tag réalise quelques spectacles qui rencontrent un certain succès, entre autres, Maria onta, el becher, aiuto l’acqua alta. En cette période, la compagnie dirige aussi toute une série de laboratoires sur les pratiques de l’acteur en utilisant les méthodes associées à la Commedia dell’Arte, comme l’improvisation et le mime.

En 1978, ils représentent Arlecchino va alla guerra et, un an après, Arlecchino servitore di due padroni, une réélaboration de la comédie goldonienne, dans la mise en scène de Silvio Diago Teso qui rejoint la compagnie en 1977.
Pendant le premier Carnaval de Scaparro, le Tag participe à l’ambiance du théâtre de rue avec le spectacle Se Venezia fosse Metropolis dans lequel l’altération de la physionomie traditionnelle de la ville de Venise, pour la faire sortir de son monde fermé, se réalise à travers les symboles et les rythmes d’une ville métropolitaine. Le but du Tag est d’établir une nouvelle logique du rapport acteur-spectateur, de questionner la perception du spectateur et la réalité vénitienne qui l’entoure : « l’intervention artistique devient alors interpellation du public, voire implication de celui-ci dans l’acte ».
En 1982, le Carnaval de Scaparro est dédié à Venise et à Naples, à la liaison entre deux villes d’une tradition de théâtre populaire et de masques italiens. À cette occasion, le Tag présente deux spectacles, Arlecchino commenta Pulcinella et Maghi Maghetti Magoni. Cette année est particulièrement importante pour le Tag : la première rencontre avec Carlo Boso et Stefano Perocco, l’arrivée de Giorgio Bertan et Eugenio Allegri, le départ de Diego Teso et l’arrivée de Francesco Macedonio qui met en scène Comedia ovvero l’Orco delle scoassere avec les masques en cuir fabriqués pour la première fois par Perocco. Ce sont des moments qui s’annoncent décisifs pour l’avenir de la compagnie. Malgré tout, à la fin de l’année, la Commission de surveillance ferme les portes du Tag théâtre de la rue Giustizia à cause de sorties de sécurité inexistantes, que la loi considère indispensables pour l’organisation des spectacles. Mestre perd une partie de son histoire culturelle, mais la compagnie continue son voyage qui la ramène sur les scènes internationales.

Lors de la rencontre avec Bressanello et Boso à Avignon, en 1982, où Boso dirige le stage de Commedia dell’Arte, ils décident de faire, pendant le Carnaval de 1983, le stage à Venise. C’est avec l’arrivée de Boso, que le Tag devient, dit Roberto Tessari, le lieu de rencontre entre les acteurs, metteurs en scène et pédagogues dont l’activité est caractérisée par « une pratique moderne de techniques et de styles tirés de l’antique Arte ».

Au cours de ces années, Boso recrute une équipe de collaborateurs de différentes nationalités et formations qui continuent à participer à ses projets artistiques et pédagogiques. Avec Perocco, il veut étudier, comme nous l’avons déjà dit, de nouvelles formes de masques. Avec Pawel Rouba, il veut « mettre au point une nouvelle technique d’utilisation de la pantomime, à partir des bruits de la technologie moderne pour retrouver un nouveau rythme de silence – non pas lié comme autrefois, au souvenir de la nature, mais au bouleversement de notre sensibilité ». Avec Nelly Quette, Boso veut continuer « une recherche sur les danses rituelles en tant que prologues et épilogues de l’événement théâtral ». En dehors du mime et des danses folkloriques, pour approfondir l’apprentissage des structures du rythme sur plateau, Boso envisage aussi un autre élément également important pour la formation des acteurs du stage : l’escrime artistique. C’est Robert, dit Bob, Heddle Roboth, maître français de l’escrime, qui crée l’escrime artistique en l’appelant « une autre escrime ». Les combats, les danses, la mimique gestuelle, les masques sont fusionnés avec le chant dont les cours sont dirigés par Adriano Iurissevich, auteur-compositeur, acteur et enseignant, qui devient l’une des figures les plus importantes dans le domaine du renouvellement du phénomène de la Commedia dell’Arte. C’est avec cette équipe de collaborateurs que « le nouveau Tag est né ». Jusqu’aux années 1990, avant la période de crise de la compagnie et le départ de Bressanello et Fuser, le Tag est considéré comme le modèle le plus représentatif de production et de formation basé sur l’improvisation, canevas et masques. Le résultat de ses créations est toujours « populaire et direct, sans les médiations idéologiques, incorrect et efficace dans le style ; excentrique et imaginatif dans la composition. Le mélange des cultures d’acteurs devient le trait fondamental d’un succès international qui semble renouveler et même amplifier le mythe international du CDA ».
Il Falso Magnifico est le premier spectacle né de la collaboration entre la compagnie du Tag et Carlo Boso. Il est créé en utilisant une partie du matériel théâtral élaboré au cours du stage d’après une tragi-comédie dont les arguments étaient tirés des canevas de Flaminio Scala. Quand Boso représente pour la première fois Falso Magnifico sur la place publique, qui a été créé lors du stage avec les acteurs du Tag de Venise, il réalise seulement le premier acte. Le public doit venir trois jours de suite pour voir le spectacle entier qui se déroule en trois actes. Eugenio Allegri, autrefois l’acteur du Tag, dans son dernier spectacle, Il grande viaggio nella Commedia dell’Arte (2021), conçu comme une performance didactique, parle de son expérience avec le Tag et de l’importance de la Commedia dell’Arte dans le domaine du théâtre de rue et du Carnaval. « Plusieurs fois nous avons rencontré sur les places le public qui se fermait sans savoir ce qu’il aurait vu, sans savoir que cela était du théâtre, mais qui découvrait à la fin que cette chose-là était le théâtre ».

Presque tous les spectacles étaient au succès international comme : Il Falso Magnifico (1983), Scaramuccia (1986), La pazzia di Isabella (1989), Droghe d’amore (1992), etc. Jusqu’à la fin de sa production, le Tag est considéré comme un noyau génétique d’un précis modèle de production fondé sur le triptyque canevas-masques-improvisation.

in Aida Copra, Le théâtre contemporain « à la lumière » de la Commedia dell’Arte.Carlo Boso et l’art de la comédie [thèse de doctorat], soutenu le 20 janvier 2023, sous la direction de : M. Andrea FABIANO – Professeur des universités, Sorbonne Université

Aida Copra




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