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Vertige d’une génération (2001-2021)

Dernière mise à jour : 14 juin 2023

Le 06 avril 2023
Théâtre Bouffes du Nord
En partenariat avec le Théâtre Nanterre-Amandiers

Vertige (2001-2021)
Texte et mise en scène Guillaume Vincent
Texte écrit en collaboration avec les interprètes Création
Avec (issus de la promotion 6 de l’École du Nord)
Suzanne de Baecque, Adèle Choubard, Maxime Crescini, Simon Decobert, Joaquim Fossi, Solène Petit, Rebecca Tetens et six enfants

Mis en scène par Guillaume Vincent et créé le 31 janvier 2023 au Théâtre du Nord, Vertige (2001-2021) raconte l’histoire de sept jeunes qui entrent dans une école de théâtre en septembre 2001. La pièce est née d’un projet d’atelier de théâtre et y figurent les extraits des textes de différents auteurs, tells que Virginia Woolf, Tchekhov, Dostoievski, Brecht, Arne Lygre, Sarah Kane, etc.

Dès la première scène, l’espace évoque une salle de répétition – une table, deux chaises, les textes sur la table et les marquages au sol pour les déplacements des acteurs. Les deux personnages entrent sur scène et commencent à lire le texte à haute voix pour passer ensuite du travail à la table à la répétition sur le plateau. En improvisant, ils explorent leurs actions en développant les gestes et les mouvements. La lecture ainsi que les gestes sont caricaturés et provoquent le rire.
Les personnages qui deviennent comédiens dans cette scène d’ouverture nous donnent les premiers indices qui permettent à comprendre qu’il s’agit d’un spectacle qui joue merveilleusement avec le dispositif de théâtre dans le théâtre. Le spectacle bouscule continuellement le temps et l’espace de l’action. Les répétitions de deux jeunes comédiens sont interrompues par le changement de scène qui implique le changement de temps : derrière le rideau transparent, on voit un personnage féminin, une jeune comédienne, qui décrit le destin de l’acteur dans un contexte particulier – c’est 2021. C’est le moment qui dévoile l’idée principale de la pièce qui remue les souvenirs et le présent, la réalité et la fiction. Le monde de sept jeunes gens devient « un théâtre », et eux, « ils n’en sont que les acteurs ».

Puis, le récit revient en arrière, au début. Le nouveau siècle arrive et avec lui, les événements marquants et turbulents qui perturbent les jeunes gens. C’est par le théâtre qu’ils essaient de changer le monde. Tout d’abord il faut créer un espace vide – « Je peux prendre n’importe quel espace vide et l’appeler une scène » (P. Brook), dit le jeune comédien –, ensuite, il faut choisir une pièce du répertoire classique et la réactualiser à leur propre manière. Dans cette optique, les personnages préparent une nouvelle adaptation de Feydeau. Ils y ramènent la nudité, la musique contemporaine, les costumes extravagantes et un texte tout nouveau. C’est un nouveau langage qui privilégie la création collective. Il faut aussi créer un théâtre engagé comme Brecht leur a appris. La première partie du spectacle finit avec un texte lié au mouvement social et les manifestations du 06 avril 2023 en France. Cette fois-ci, il ne s’agit pas seulement de briser les frontières entre réalité et fiction dans l’espace scénique, mais le théâtre devient véritablement une tribune publique.
Ce n’est pas seulement à travers le théâtre que l’histoire de sept jeunes est racontée. Ils nous relèvent sans cesse leurs pensées les plus profondes. En ce sens, le texte de Virginia Woolf, Les Vagues, prend une importance particulière. En recourant à des apartés, les personnages nous parlent dans et par leur discours intérieur – très souvent dans une atmosphère comique – qui contient les interprétations personnelles de leur propre identité et des événements de la vie réelle. Leur regard est entièrement innocent. Cet aspect est exemplifié par les indications spécifiques – comme la chanson Le vent nous portera sortie en 2001 –, mais surtout à travers les personnages indéfinis de six enfants dont la présence sert à évoquer la symbolique de la vie et du renouvellement.

La seconde partie du spectacle est dédiée aux répétions de la pièce de Tchekhov, Platonov pendant la dernière année de l’école. C’est à ce moment-là que les jeunes commencent à interpréter leur propre vie. Platonov est un personnage qui semble joyeux et apprécier la vie ; en réalité, il se montre manipulateur et cynique, révélant ainsi une facette de sa personnalité qui contraste avec son apparence extérieure. 20 ans après, c’est 2021 et le monde dans lequel les personnages se trouvent semble révéler aussi une facette de son apparence trompeuse.

Dans une scénographie fantasmatique construite en faveur de ce jeu entre réalité et illusion, les sept comédiens démontrent leur savoir-faire non seulement en tant que leur talent individuel, mais surtout en tant que reflet d’un travail collectif total. Ils créent un espace où les individus se rassemblent pour écouter et observer les récits qui reflètent leur Histoire et leur monde afin de construire une identité collective.

Aida Copra



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