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Believers

Le 12 juillet
Festival d’Avignon Off
Théâtre Buffon

Believers
De Ken Jaworowski
Mise en scène : Aurélie Camus
Avec : Aurélie Camus, Denis Lefrançois, Anne-Laure Maudet, Romain Poli
Scénographe : Agathe Mondani
Créatrice lumière : Alounny Kensy
1er Prix Coup de Coeur, Club de Presse Avignon 2022

La plupart du travail de Ken Jaworowski a été produit à Manhattan par la compagnie de théâtre WorkShop Theater. Il a écrit plusieurs pièces de théâtre, notamment Believers, Certain Souls, Never Missed a Day, et Interchange, pour n’en citer que quelques-unes.

Pendant son séjour à New York en 2015, Aurélie Camus, jeune metteuse en scène et actrice, découvre la pièce Believers et décide, quelques années plus tard, de la monter sur scène. Believers a été inspiré, comme nous le raconte Ken Jaworowski, par deux histoires vraies qu’il a entendues. Un ami lui en a raconté une, et par coïncidence, une semaine plus tard, il lisais un livre qui mentionnait une histoire similaire. La pièce examine les thèmes de l’amour, du destin, des croyances et du handicap, sur lesquels Aurélie Camus aime travailler et à travers lesquels elle choisit de parler de « notre passage sur cette merveilleuse planète ». Selon la metteuse en scène, notre séjour n'est qu’éphémère ; le temps passe et notre unique pouvoir réside dans la capacité de profiter de l’instant présent.

Toute l’histoire est construite autour d’un lit. On observe d’abord deux jeunes de vingt ans, Donna et Chris, interprétés par Aurélie Camus et Romain Poli, qui se lancent dans une relation innocente et passionnante. Les premiers moments partagés ensemble semblent rencontrer plusieurs défis en raison de leurs attentes artistiques et spirituelles divergentes. Cependant, on comprend bientôt que les sources potentielles de tension ont été surmontées. Les scènes suivantes nous dévoilent leur avenir, et nous voyons deux personnages plus âgés, leurs homologues, interprétés par Denis Lefrançois et Anne-Laure Maudet. Les quatre comédiens incarnant les personnages principaux démontrent un jeu réaliste, touchant et talentueux qui captive le spectateur et donne vie aux émotions en les faisant osciller d’un pôle à l’autre.

Dans le spectacle, le récit du couple se dévoile à travers une série d'épisodes. Le passé et le présent s’entrelacent de façon continue, créant un flux narratif où les événements d’hier et d’aujourd'hui se superposent et se complètent. Cela offre une perspective unique sur leur relation, permettant aux spectateurs de voir comment les éléments du passé influencent et éclairent les événements du présent. Il nous semble que c’est précisément cette structure narrative qui permet à Aurélie Camus d’accentuer le caractère éphémère de notre vie. La vie du couple se métamorphose sans cesse à travers « un déjà-passé qui rattrape un déjà-vécu », pour reprendre les mots d’Anne Ubersfeld.

Le rapport entre Donna et Chris ne se distingue pas par ses issues positives incontestables. C’est le temps qui ramène la tragédie dans l’histoire. Le retour dans le passé semble ainsi servir à démontrer le désir d'exorciser le vertige du temps, malgré leur capacité à profiter de l’instant présent.

Pendant tout le spectacle, le coupe représente le passé et le présent et les joue simultanément. Ce rapport complexe entre hier et aujourd’hui est surtout exemplifié à travers la présence du « lit ». Le lit devient un symbole de la vie, du sommeil et du rêve, de l’amour ainsi que le lieu où le « malade » repose. Le lit marque le début et la fin de leur histoire. En fait, il est le lieu où leur destin se joue.

Sous le lit, les feuilles d’automne. Elles symbolisent la fin d'une saison et l’arrivée de l’hiver. Elle sont utilisées, il nous semble, comme une clé de lecture donnée aux spectateurs, les invitant à découvrir précisément la beauté éphémère de la vie. Souvent associées aux thèmes du changement et des cycles de la vie, elles représentent en quelque sorte l’idée principale du spectacle : le sentiment de nostalgie, de perte et d’acceptation du temps qui passe. Pourtant, le message final pourrait être celui exprimé par Pippo Delbono : « On n’a jamais vu un hiver qui ne se soit pas transformé en printemps ». À la fin, Donna et Chris disent : « On est une équipe », confirmant ainsi que même au milieu des moments les plus froides de la vie, leur lien indéfectible et leur détermination les guident vers un présent « figé ».

Aida Copra

© Fanny Vambacas

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