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L’univers théâtral d’Olivier Schmidt

Dernière mise à jour : 31 janv. 2023

Le 21 janvier 2023
Théo Théâtre

L'aigle prodige
Auteur : Olivier Schmidt
Artistes : Ronan Hebman, Sacha Chardon, Alexandra Magin, Séverine Wolff, Kevin Maille
Metteur en scène : Olivier Schmidt

L'aigle prodige est la dernière création d’Olivier Schmidt qui a eu sa première le 21 janvier 2023 au Théo Théâtre à Paris. Auteur, acteur et metteur en scène, Schmidt crée en 2017 avec Kevin Maille la compagnie Les Joyeux de la Couronne, et réalise avec succès les spectacles comme : Ludwig, Monsieur chasse !, L'Empereur des boulevards, à l'Ombre d’Oz et L'aigle prodige. Ses spectacles sont nommés à plusieurs reprises pour Les P’tits Molières.

J’ai eu le plaisir de découvrir les quatre derniers spectacles de Schmidt. Il est important de le souligner parce que cela m’a permis de suivre son parcours professionnel et artistique fort cohérent et innovant. Schmidt établit sa propre poétique et crée son propre univers du théâtre.

Comme dans L'Empereur des boulevards - Ou l'incroyable destin de Georges Feydeau ou dans à l'Ombre d’Oz, Schmidt ne se limite jamais à représenter une simple biographie historique d’une personne célèbre, mais il choisit d’en donner sa propre vision. Dans L'aigle prodige, il raconte l’histoire de Dimitri Guerjev librement inspirée de la vie de Rudolf Noureev (1938-1993), danseur classique et chorégraphe soviétique qui a profondément marqué l'Opéra de Paris et qui est mort du Sida à 54 ans. Schmidt décrit d’abord les derniers moments de vie de Guerjev afin de proposer ensuite un regard rétrospectif sur sa vie - la structure qui rappelle l’histoire de Judy Garland dans à l'Ombre d’Oz.

À la différence de ses spectacles précédents, la scénographie est ici encore plus simplifiée : les grandes boites qui se transforment en banc, chaise, table, ou lit ; et les panneaux transparents qui se trouvent au milieu de la scène et qui séparent l’espace scénique. On voit, dans L'Empereur des boulevards, les rideaux transparents au fond de la scène qui servent à créer un jeu d’ombre et de lumière et d’introduire les éléments du théâtre dans le théâtre. Le rideau rouge avec un cadre d’or dans à l'Ombre d’Oz assume aussi une forte valeur symbolique. Il reste toujours fermé ce qui donne l’impression d’observer la scène derrière coulisses. Ce dispositif semble être utilisé pour briser les frontières entre le réel et l’illusion qui dans les mises en scène de Schmidt ne sont jamais fixées. Ses histoires sont toujours jouées « hors » et « sur » scène.

Dans les créations de Schmidt, chaque élément (le jeu d’acteur, les costumes, la musique, le chant et la danse) est minutieusement élaboré dans une dynamique scénique qui nous ne laisse pas indifférents. Cela témoigne d’un vrai esprit de troupe. On a l’impression de voir le travail d’une compagnie qui fonctionne comme une organisation collective, comme un collectif de rencontre, de partage, de collaboration, de création, de perfection. C’est Schmidt qui écrit les textes, mais ses spectacles, il me semble, ne sont jamais soumis à la volonté d’un auteur unique.

À l’exception de l’acteur qui joue le rôle principal (Séverine Wolff dans le rôle de Judy Garland ou Sacha Chardon qui interprète Dimitri Guerjev dans L'aigle prodige), les acteurs de Les Joyeux de la Couronne interprètent très souvent, au cours du spectacle, plusieurs personnages sans jamais entrer dans la caricature. Ils savent jouer, danser, chanter en nous séduisant avec leur immense talent. C’est pourquoi on regrette que dans cette dernière création de Schmidt, la dynamique scénique, le rythme et le contrôle dans l'articulation de la voix ne sont pas suffisamment développés. On pense surtout au jeune acteur qui interprète le personnage principal. D’ailleurs dans les scènes qui introduisent la danse, il existe un manque d’expertise pour nous plonger dans le monde imaginaire d’un des plus grands danseurs classiques.

Mais Olivier Schmidt nous explique à la fin du spectacle que le processus de création ne s’est pas déroulé comme prévu et je suis certaine que le spectacle atteindra sa vraie ampleur avec le temps.

Aida Copra







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