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Le Mois Molière 2023

Une petite introduction…

Selon le classement que fait Emmanuel Wallon pour diviser synthétiquement la diversité des productions de la rue, les festivals s’inscrivent dans l’optique d’« exhibitions : spectacles fixes, en plein air ou dans une aire non spécialisée » (Emmanuel Wallon, « La mobilité du spectateur »), et apparaissent sous la forme d’« interventions » ou de « déambulations ». Ces dernières offrent la possibilité de former de « nouveaux saltimbanques » selon l’idée de Jean Digne qui, en 1973, crée le festival Aix, ville ouverte aux saltimbanques. Dans cette optique, s’inscrit un festival qui insuffle à Versailles un avant-goût du Festival d’Avignon et fait que la ville devient le théâtre lui-même : Le Mois Molière.

Le Mois Molière

Le Mois Molière est créé en 1996 par François de Mazières en tant que manifestation culturelle du renouvellement du théâtre populaire qui s’adresse « aux spectateurs prévenus et aux passants de hasard, au public averti et au public ‘vierge’ » (d’autant plus que tous les spectacles sont gratuits ou à prix mini) – pour reprendre une réflexion de Sylvie Clidière. C’est pourquoi l’objectif du Mois Molière, qui occupe généralement 64 lieux différents en 350 représentations peut correspondre à l’objectif que Philippe Chaudoir donne au spectacle de rue : « faire public » : « Ainsi se conforte la figure de l’interpellation pour que se constitue une communauté éphémère : faire événement pour que cette communauté prenne conscience de son existence. Ce minimum de partage renvoie d’une part à une identité territoriale, la citadinité ; d’autre part, à la constitution d’un ensemble de contemporains, à une contemporanéité (Philippe Chaudoir, « L’interpellation dans les arts de la rue »).

Le théâtre qui sort dans la rue est l’un des moyens les plus puissants pour impliquer le public, d’une manière presque involontaire, pour qu’il devienne, de simple citoyen, Spectateur. Les artistes qui participent au Mois Molière construisent une vraie « communauté éphémère » à travers différents modes d’interaction. Ils investissent les rues et les places, créant ainsi une atmosphère animée et immersive. Les spectacles se déroulent dans des lieux variés et inattendus, utilisant les éléments urbains de la ville. C’est ainsi que le Mois Molière offre la possibilité non seulement de célébrer l’art et le théâtre, mais aussi de revitaliser l’espace public, de rapprocher les gens et de créer une expérience accessible à tous, permettant au public de vivre le théâtre d’une manière nouvelle et dynamique.

La 27ème édition du Mois Molière

Vous trouverez ici tout le programme détaillé →
Mois Molière 2023
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La Cour de la Grande Écurie de Versailles est l’un des lieux principaux du Festival. C’est un espace impressionnant, chargé d’histoire qui évoque la grandeur et la splendeur du passé de Versailles. Pour la 27ème édition du Mois Molière, elle accueille plus de vingt créations offrant une expérience unique aux spectateurs.

La création qui ouvre le Festival est le nouveau spectacle d’Éric Bouvron, Braconniers*, inspiré de sa propre expérience d’Africain du Sud (1 et 2 juin - 20h30). Après les grands succès des Cavaliers, Molière du meilleur spectacle privé de 2018 et l’an dernier de Lawrence, Éric Bouvron nous propose un spectacle qui transporte le public dans un voyage palpitant à travers les routes de terre rouge de l’Afrique subsaharienne. Une histoire tragique avec une pointe d’humour.

On ne peut pas imaginer le Mois Molière sans l'héritage culturel de Molière à travers des représentations théâtrales et des spectacles. Cette année encore, le Festival offre au public la possibilité de découvrir et d’apprécier les pièces de Molière, ainsi que des adaptations modernes de son œuvre. Les 5 et 25 juin (17h), Anthony Magnier avec sa troupe, La Compagnie Viva, nous présente Ses Fourberies de Scapin*. Ils nous promettent une représentation exaltante de cette pièce emblématique de Molière.

La Compagnie Les Mauvais élèves contribue également à maintenir vivante la richesse du patrimoine théâtral français et à promouvoir l’art de Molière auprès d’un large public. Leur spectacle, Les Amoureux de Molière (16 juin - 20h30), donne vie à une série de scènes inoubliables et hilarants de Molière. C’est l’opportunité de découvrir, entre autres, un Harpagon plus avare que jamais, un Dom Juan zélé et volubile, une amoureuse passionnée et convaincue, ainsi qu’un valet fourbe et manipulateur.

Les créations proposées dans le Festival incluent une grande diversité de genres, du théâtre classique aux créations contemporaines. Leur objectif principal est de promouvoir une variété de spectacles et de rendre accessibles les œuvres des grands auteurs. Ronan Rivière que les habitués du Mois Molière connaissent grâce à son travail créatif et méticuleux lorsqu'il s’agit du répertoire russe, présente Le journal d'un fou* (13 et 19 juin - 20h30), le chef-d'œuvre de Gogol. Après avoir brillamment mis en scène une autre pièce de Gogol, Revizor, ainsi qu’un texte peu connu de Dostoïevski, Le Double, Ronan Rivière nous transporte encore une fois dans l’univers slave.

Il ne doit pas sa renommée uniquement grâce à la culture slave. Ronan Rivière s’immerge aussi dans d’autres cultures et d’autres univers. Il met en scène la pièce de l’un des plus grands dramaturges espagnoles du Siècle d’or, Félix Lope de Vega, dont les œuvres se caractérisent par leur vivacité, leur sens de l’intrigue et leur exploration des émotions humaines. Il s’agit du spectacle, La Foire de Madrid (18 juin - 17h), qui a été déjà chaleureusement accueilli par le public français. À Madrid, un groupe d’amis oisifs arpente la foire…

*créations

AIDAS (Académie internationale des arts du spectacle) et Carlo Boso

Dès la première année, les élèves de l’AIDAS participent aux différents festivals : le Festival international de théâtre grec de Syracuse, le Mois Molière de Versailles, le Printemps des Arts de Paris. Il s’agit des festivals qui s’opposent dialectiquement, par différents moyens, aux espaces fermés.

Après avoir dirigé, partout dans le monde, un grand nombre de stages de Commedia dell’Arte, Boso fonde, en 2004, avec Danuta Zarazik, l’Académie internationale des arts du spectacle (AIDAS) avec le but de réaliser une idée peut-être utopique : former les vrais comici dell’arte. L’idée est d’abandonner une seule possibilité de faire du théâtre ainsi que les principes des écoles traditionnelles dans lesquelles l’enseignement, très uniforme, est tout orienté vers les sentiments et passions du personnage que l’acteur doit exprimer à travers les techniques de la voix, la mimique du visage et les positions du corps. La grande partie des écoles d’aujourd’hui, selon Boso, n’est pas sensible à l’un des éléments les plus difficiles à comprendre pour un jeune acteur : la relation entre le plateau et le public.

L’un des aspects principaux du Mois Molière qu’on pourrait nommé « in vivo » – la rencontre entre les acteurs et le public (Anne Gonon, IN VIVO. Les figures du spectateur des arts de la rue) – en reprenant la formulation de Anne Gonon, donne la forme aux démarches pédagogiques fondamentales de l’AIDAS fondées sur une pratique artistique qui inclut le spectateur comme l’un des instruments de la formation de l’acteur. Boso dit que :
« Même si l’on ne s’en rend pas compte forcément ici, le Mois Molière par exemple rayonne au-delà des frontières françaises : l’idée de se réapproprier tous les espaces fermés ou publics d’une ville, comme les parcs, les jardins, est aujourd’hui expérimenté avec beaucoup de succès en Italie ou en Espagne. J’essaye personnellement de participer à ce rayonnement à travers l’Académie, grâce à la formation artistique […] Nous essayons de rester fidèles à la pensée et au contenu de l’œuvre de Jean Vilar, tout en l’adaptant dans la forme à notre époque […] Le Mois Molière constitue une sorte de laboratoire pour ces idées : pendant un mois, le théâtre investit toute la ville, les jardins, les parcs, les forêts, et le public est au rendez-vous. C’est une manière de revenir à la ville idéale de la Renaissance, de valoriser la création culturelle ».

L'AIDAS participe cette année encore au Mois Molière pour cette nouvelle édition. Venez découvrir les spectacles proposé par ses étudiants et les compagnie professionnels issues de l’AIDAS → https://www.aidas.fr/mois-molière.

Le Mois Molière rend le théâtre accessible en revenant en quelque sorte aux temps de fêtes dionysiaques et forme « l’acteur populaire », disons « universel », qui demeure dans l’esprit des tréteaux.

Bon festival !


Aida Copra



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