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Les plus beaux livres qui parlent du théâtre

Ma sélection des plus beaux livres sur le théâtre

1. Georges Banu, Amour et désamour du théâtre (Actes Sud, 2013)

Sur les pages qui précèdent l’introduction, Banu évoque quelques réflexions de grands hommes du théâtre. La première est celle de Heiner Müller : « Pourquoi aller au théâtre ? Je ne peux vous répondre pour l’instant. Fermez les théâtres quatre ans et ensuite je saurai vous répondre ». La controverse amour/désamour, il me semble, se cache déjà dans cette première question posée.
Quelle est la raison pour laquelle, selon Banu, on aime ou on n’aime pas le théâtre ? Il dit avoir été le spectateur qui s’est construit lui-même « à partir de sa seconde vie passée dans les salles, à côté du plateau, proche aux acteurs ; tout en déplorant parfois les carences mnémoniques du théâtre, l’impossibilité du retour, l’impératif de la disparition. Présence et évanescence, voici le défi auquel il se confronte. Le spectateur peut procéder à des résurrections des expériences passées, guère à des confrontations directes avec ce patrimoine immatériel dont il se sent être le légataire sans pouvoir ni le conserver ni le transmettre de manière correcte. Raison pour aimer et ne pas aimer le théâtre ».


2. Georges Banu, Mémoires du théâtre (Actes Sud, 1987)

Dans la première partie de son livre, Georges Banu parle de l’expérience de l’irréversible face à laquelle « l’éphémère, sa conscience, appellent l’être qui joue ou l’être qui regarde à devenir des êtres de mémoire ». Au théâtre, « le souvenir dépend d’eux seulement car ils savent que, plus tard, personne n’aura plus accès directement à l’œuvre, mais seulement à des témoignages. Les leurs. Ils assurent, le temps de leur vie, la survie d’une mémoire à condition de saisir la réalité de l’acte, son sens, sa portée, dont ils ont été les amateurs ou les supporters ».

3. Ferdinando Taviani et Mirella Schino, Le secret de la Commedia dell’Arte. La mémoire des Compagnies Italiennes au XVIᵉ, XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècle (« Contrastes » Bouffonneries, 1984)

Ferdinando Taviani et Mirella Schino intitulent l’une de leurs plus importantes études : Il Segreto della Commedia dell’Arte, le « secret » de la Commedia dell’Arte : « L’histoire de la Commedia dell’Arte, qui est une histoire d’acteurs, une histoire fermée et qui nous est presque secrète, est une histoire séparée de la tradition qui se développe d’abord parmi les spectateurs puis année par année, jusqu’à nous, et qui élève la Commedia dell’Arte parmi les grandes idées du théâtre, jusqu’à la fixer comme symbole et mirage ». Plus on creuse dans le passé de la Commedia dell’Arte plus ses mythes semblent grandir, plus nous semble difficile de saisir sa nature matérielle pour donner, comme le dit Taviani, « une idée du théâtre ».


3. Jacques Lecoq, Le corps poétique (Actes Sud, 1997)

Jacques Lecoq dédie toute sa vie à la découverte d’un corps poétique. Dans son livre, il nous parle de cinq territoires principaux du voyage « géodramatique » de son école : « Ce voyage géodramatique est en trois dimensions : étendue, élévation, profondeur. Il se base sur cinq territoires principaux qui en génèrent d’autres, nommés dans l’histoire du théâtre et reconnus dans la vie actuelle : le mélodrame (les grands sentiments), la commedia dell’arte (comédie humaine), les bouffons (du grotesque au mystère), la tragédie (le chœur et le héros), le clown (le burlesque et l’absurde) ».
Lecoq a toujours aimé enseigner, mais enseigner surtout pour connaître : « C’est en enseignant que je peux continuer ma quête vers la connaissance du mouvement. […] C’est en enseignant que j’ai découvert que le corps sait des choses que la tête ne sais pas encore ».
4. Edward Gordon Craig, De l’Art du Théâtre (Circé, 1999)

Pendant son séjour à Florence, Craig commence à travailler sur son projet grandiose de reconstruction symbolique des langages de la scène. Dans l’Arena Goldoni, il souhaite former l’acteur du futur : « Le mot d’Aujourd’hui est fort beau, celui de Demain l’est aussi, et celui de l’Avenir est divin – mais le mot qui les enchaîne l’un à l’autre et les harmonise, est plus que tous parfait : c’est le mot Et ».

5. Peter Brook, L’espace vide, Écrits sur le théâtre (Édition du Soleil, 1977)
« Je vais essayer de donner au mot quatre sens différents. Je parlerai du théâtre mortel, du théâtre sacré, du théâtre brut et du théâtre vivant ».


6. Jacques Baillon, Comment le théâtre explique l’invariabilité de la vitesse de la lumière (Riveneuve éditions, 2015)
Jacques Baillon différencie la notion de représentation de la notion de re-présentation. La théorie de re-présentation part du principe que tout est matière : les pensées, les images, les sentiments qui font partie de la matière au titre de matière immatérielle. Donc, il s’agit d’une « réalité de niveau immatériel, réalité immatérielle qui a besoin d’éléments tangibles et matériels pour que le reflet s’effectue et nous parvienne. Avec l’image reflétée, le « niveau immatériel » s’articule avec le « niveau matériel ».
Le processus de re-présentation, selon Baillon, « ne se déroule à aucun instant ni en aucun point particulier, il se déroule partout, sans cesse et à tout niveau ».


La lecture est en quelque sorte une conversation… et c’est l’occasion de ‘parler’ avec les plus grands protagonistes de l’histoire du théâtre.

Aida Copra



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